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31/05/2008

Ségolène Royal sur France-Inter le 28 mai

OLIVIER DE LAGARDE

Nous sommes en direct à proximité du bureau du boulevard Raspail à Paris. Bonjour Ségolène ROYAL.

SEGOLENE ROYAL

Bonjour.

OLIVIER DE LAGARDE

Présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, ancienne candidate à la présidence de la République ; candidate officielle à la direction du PS, on va y venir dans quelques minutes ; mais commençons par la prestation radiophonique de Nicolas SARKOZY ce matin. Sur la question du pouvoir d’achat et du prix des carburants, Nicolas SARKOZY a proposé de consacrer les recettes supplémentaires de TVA générées par la hausse des carburants à un fonds destiné à alléger la facture des plus modestes. Ca c’est une bonne idée pour vous ?

SEGOLENE ROYAL

J’allais dire il est temps… Ca fait des mois que nous souffrons de la hausse des prix du carburant, des mois que je demande la baisse de la fiscalité sur le prix de l’essence. Vous savez que sur un litre d’essence, on paie 60% d’impôt, donc c’est un système qui ne va pas. Il y avait avant un système automatique qui permettait de baisser l’impôt lorsque le prix de l’essence augmentait, donc directement à la pompe, l’essence était moins chère. Il y a une autre solution, encore faut-il voir quand est-ce qu’elle sera mise en œuvre, à quel moment les gens vont récupérer cette prime à la cuve etc…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous pensez que c’est un effet d’annonce ?

SEGOLENE ROYAL

Vous savez, on a tellement été échaudé par les annonces par rapport aux résultats ; s’il y a des mesures qui vont dans le bon sens, tant mieux mais actuellement tant qu’elles sont verbales… j’attends de voir. Il y aurait eu un système beaucoup plus simple qui aurait consisté à baisser la fiscalité sur le prix de l’essence pour qu’à la pompe, l’essence soit moins chère parce que je vois que Nicolas SARKOZY est allé à Rungis ; il était attendu aussi auprès des pêcheurs, vous savez qu’il leur avait fait beaucoup de promesses, ces promesses n’ont pas été tenues, donc il y a une situation dramatique. J’ai montré l’autre jour une fiche de salaire d’un pêcheur qui en dix jours de mer a gagné cinq euros, vous m’entendez ? 5,80 euros en dix jours de mer, c'est-à-dire en plus un métier difficile et dangereux. Il y a les ouvriers de Gandrange qui sont toujours frappés par une délocalisation, là aussi qui attendent toujours que les promesses qui ont été faites du maintien de l’usine d’ARCELOR MITTAL soient effectivement concrétisées. Donc attention à ces annonces qui ne sont pas suivies d’effets.

OLIVIER DE LAGARDE

Alors autre annonce ou plutôt confirmation, Ségolène ROYAL, la durée hebdomadaire légale du travail restera à 35 heures ; c’est quelque chose auquel vous étiez attachée ?

SEGOLENE ROYAL

Je crois que dans le contexte actuel de montée de la précarité, du chômage à temps partiel, des bas salaires, je pense que c’était une provocation que d’annoncer qu’en plus la durée du travail allait augmenter alors même qu’il y a tant de salariés qui subissent le chômage partiel et qui voudraient bien travailler plus longtemps à commencer par les caissières de supermarchés où là aussi Nicolas SARKOZY avait promis de résoudre leurs problèmes – je vois que les grandes surfaces n’ont jamais gagné autant d’argent et le problème du salaire et de la précarité des caissières n’est toujours pas résolu.

OLIVIER DE LAGARDE

Parlons un petit peu du Parti socialiste, si vous le voulez bien, et de ce débat que vous avez eu finalement à distance avec Bertrand DELANOË au sujet du libéralisme. Vous avez déclaré, je vous cite : « Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques. Je ne pourrai jamais dire, comme a dit Bertrand DELANOË, je suis libérale. » Alors, en attendant ça, j’ai tout de même sursauté, j’ai repris mon numéro du POINT daté du 27 mars où vous déclariez, je vous cite là encore : « Le libéralisme politique est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme démocratique, ce sont tous ceux qui, à gauche, savent combien les libertés politiques sont fragiles. » Finalement, vous dites la même chose que Bertrand DELANOË !

SEGOLENE ROYAL

Non. Pas du tout. Au contraire, vous venez exactement de lire ce que j’ai dit, il faut lire la phrase qui suit et qui dit…

OLIVIER DE LAGARDE

Ah, j’ai tout lu !

SEGOLENE ROYAL

Non, non, la phrase qui suit, qui est dans ce livre que vous venez de citer. Je dis ensuite : « L’idéologie du libéralisme économique du laisser-faire, du laisser-aller, qui permet la loi du plus fort, qui permet d’écraser les plus faibles, celle-ci ne convient pas. » Ce que je veux dire par là…

OLIVIER DE LAGARDE

Mais c’est ce que dit également Bertrand DELANOË !

SEGOLENE ROYAL

Je crois que la question que vous posez est une question extrêmement importante, qui ne se résout pas à un dialogue entre deux personnes. Je crois que les Français ont le droit de savoir au nom de quoi la politique agit et au nom de quelles valeurs. Les valeurs qui sont les miennes sont les valeurs du social, mais un social modernisé bien sûr, qui n’est pas opposé à la performance économique. Au contraire, je pense, contrairement à ce que dit le libéralisme économique, qui aujourd’hui a fait autant de dégâts, écoutez, on apprend aujourd’hui, ce matin, que les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs rémunérations de plus 58 %, attendez, plus 58 % ! Il n’y a jamais eu autant de misère et de précarité en France. Attendez, voilà, le libéralisme économique…

OLIVIER DE LAGARDE

J’entends bien…

SEGOLENE ROYAL

Attendez. Donc, ce n’est pas la peine d’aller chercher des mots qui correspondent à des idéologies qui font aujourd’hui tant de dégâts dans le monde, y compris le problème du réchauffement planétaire…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous avez des valeurs qui sont différentes de celles de Bertrand DELANOË aujourd’hui ? Vous avez vraiment cette impression là ?

SEGOLENE ROYAL

Ce que je pense… Une fois de plus, ce n’est pas le problème, ne réduisons pas ce sujet à un débat entre deux personnes. Ce que je pense aujourd’hui, c’est qu’il y a déjà tellement à faire pour redonner au socialisme tout son sens, toute sa modernité, toute son efficacité. Je pense, moi, que le socialisme peut être une idée neuve aujourd’hui pour le 21ème siècle. Pourquoi ? Parce qu’on n’a jamais eu autant besoin de social. Pourquoi ? Parce que je pense que les valeurs humaines doivent l’emporter sur les valeurs financières. Pourquoi ? Parce que je pense que la question éducative est une question majeure et qu’un pays n’a pas le droit d’en rabattre sur ses exigences éducatives. Donc, ce n’est pas la peine d’entraîner une confusion idéologique en allant chercher un mot qui appartient à nos adversaires politiques, qui appartient à la droite et dont l’application a fait autant de débats. Mais il ne faut pas confondre ça avec les libertés individuelles qui, comme je l’ai écrit dans le passage que vous citiez tout à l’heure, ont toujours fait partie du socialisme. JAURES – parce que vous l’avez cité – disait : « Le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout. » Aujourd’hui…

OLIVIER DE LAGARDE

Ségolène ROYAL…

SEGOLENE ROYAL

Juste un mot, parce que c’est important que les Français se saisissent aussi des débats d’idées…

OLIVIER DE LAGARDE

Ce qui est important, c’est que les Français saisissent la différence que vous avez par rapport à Bertrand DELANOË. Vous êtes tous les deux finalement en compétition pour prendre la direction du Parti socialiste, on a l’impression que finalement c’est juste une question de personnes, que sur le fond, vous êtes d’accord.

SEGOLENE ROYAL

Non, monsieur. Je viens de vous expliquer le contraire. Je crois que les Français n’ont que faire aujourd’hui des préparations du congrès du Parti socialiste. Donc, quand…

OLIVIER DE LAGARDE

Vous présentez une motion antilibérale au congrès ?

SEGOLENE ROYAL

Je pense que ce qui est important, c’est de redonner du sens à la politique et que, aujourd’hui, l’angoisse que nous avons, c’est de savoir si la politique sert encore à quelque chose, si la politique est honnête, si elle est sincère. Quand l’actuel président de la République a promis de résoudre les problèmes du fait de sa seule élection et que l’on voit aujourd’hui le résultat, ça met en cause tous les responsables politiques. Parce qu’à un moment, les gens qui souffrent, qui ont peur, qui ont peur d’être tirés vers le bas, la France qui a du mal à valoriser ses atouts alors que nous en avons, les réponses concrètes que nous amenons sur nos territoires, moi en tant que présidente de région, je viens de créer le micro crédit pour aider les familles qui ont du mal avec leur pouvoir d’achat, où je paye le permis de conduire à des jeunes qui n’ont pas le premier euro pour accéder au permis de conduire. Parce que je pense qu’il y a des solutions concrètes qui peuvent résoudre les problèmes en répartissant mieux l’argent public et les richesses, tout en agissant au nom d’un certain nombre de valeurs. Ces valeurs-là sont celles du socialisme et du social. Il n’y a pas besoin de se laisser entraîner dans une confusion pour faire moderne.

OLIVIER DE LAGARDE

Ségolène ROYAL, vous êtes candidate officiellement à la direction du Parti socialiste. Vous vous êtes déclarée également favorable à ce que le futur premier secrétaire soit le candidat du parti à la présidentielle ; est-ce à dire que si vous échouez dans votre conquête du parti, vous ne serez pas candidate ?

SEGOLENE ROYAL

Je n’ai jamais dit cela. J’ai dit que chaque étape doit être respectée. Aujourd’hui je respecte déjà les militants puisque j’ai lancé une consultation sur justement le contenu de ce projet politique que nous devons présenter au mois de novembre prochain, à la fois sur le site désir d’avenir et sur un site spécial…

OLIVIER DE LAGARDE

Mais vous ne vous êtes pas engagée dans des primaires avant l’heure ?

SEGOLENE ROYAL

Non je suis engagée dans le respect des militants, le sérieux de la démarche ; comment est-ce qu’on rend à la politique ses lettres de noblesse dans un contexte où nous doutons tous de l’efficacité de la politique et comme moi je crois que la politique a encore quelque chose à faire et même beaucoup à faire pour changer le désordre des choses, pour faire en sorte que les injustices reculent et je crois que la force de la France, c’est à la fois sa diversité, ce sont ses talents, ce sont ses petites et moyennes entreprises qui aujourd’hui ont perdu le moral et il n’y a aucune raison que la France soit dans cet état, que d’autres solutions existent, qu’une autre politique est possible sans renier les convictions profondes qui sont celles des socialistes parce que les socialistes considèrent qu’il n’y a pas à opposer les services collectifs et l’épanouissement individuel, au contraire ; les services collectifs sont au service de l’épanouissement individuel, qu’il n’y a pas à opposer le social et l’économique, au contraire, c’est parce qu’il y aura des salariés bien payés, bien protégés, bien formés et respectés que les entreprises seront compétitives et ça c’est le contraire de ce que pense le libéralisme et parce qu’il y a une autre façon de produire, de répartir les richesses.

OLIVIER DE LAGARDE

Merci Ségolène ROYAL, ancienne candidate à la présidence de la République

29/05/2008

De la découverte d'un vice caché, ou sur l'égalité (judiciaire) entre les sexes

Ce blog, habituellement, sert de relais pour informer sur ce qui se passe autour de Désirs d'avenir et de Ségolène Royal.

Mais une de nos correspondantes souhaitait exprimer son indignation au sujet d'une nouvelle qu'elle a entendue aujourd'hui.

Une sentence a priori surprenante a été prononcée par le tribunal de grande instance de Lille.

Ce tribunal a annulé un mariage, à la demande du mari, parce que la femme n'était pas vierge.

Il y avait eu tromperie sur la marchandise, vice caché !

Si, sur le plan juridique, cette décision est techniquement fondée, il reste que l'impression laissée par ce jugement est, au moins, surprenante.

D'abord parce qu'on aurait pu croire que la sexualité, en France, était une affaire privée, de même que certaines superstitions ou injonctions édictées par telle ou telle religion.

On découvre donc qu'au XXIe siècle, dans notre belle République, on peut répudier son épouse, comme dans les pires théocraties.

Si au moins cette affaire donnait l'occasion à nos législateurs de faire évoluer la loi pour moderniser cette loi et l'accorder à nos valeurs de liberté et d'égalité !

Dans cette affaire, la jeune femme, une fois l'humiliation passée, aura au moins la satisfaction d'échapper aux griffes d'un sombre abruti ...

Voici donc le texte de notre amie :

Bonjour à toutes et à tous, ce coup ci plus particulièrement à toutes,
Je viens d'entendre aux infos que, le tribunal de Lille ( ne me demandez pas lequel, peut-être l'administratif, j'étais tellement choquée que mes oreilles ont failli) donc, je viens d'entendre avec stupeur, horreur, indignation que nous pourrions revenir au MoyeAge: une demande d'annulation en  mariage a été prononcée, sur demande du mari, parce que la mariée n'était pas vierge, il y avait donc mensonge (on n'est pas loin de la tromperie sur la marchandise !).
Alors, je suis athée ou agnostique ( je rentrerai pas dans  ces subtilités aujourd'hui) et une de mes valeurs est la  tolérance et nous sommes dans un pays LAIQUE QUI RESPECTE LE DROIT DES FEMMES  et je ne supporte pas que l'on veuille imposer à une certaine partie de la société ( en particulier des femmes). On ne sait pas si cela ne peut pas en recontaminer d'autres, quand on voit les difficultés faîtes au niveau de l'avortement et le peu de pub sur la contraception.
D'autre part, je ne suis pas une féministe enragée, mais le respect de la femme et de ses droits est incontournable. Quelle humiliation, pour cette jeune fille renvoyée dans sa famille, (peut-être m^me des dangers). Il y avait déjà des crimes d'honneur, alors si les tribunaux français vont alimenter cela !
Pour quoi est ce que l'on nous prend.  C'est déjà quasiment impossible de mettre des jupes dans certains endroits.

Je rêve, ou on est dans la France du 21 siècle, de la parité etc....etc..., ou bien est ce que l'on va voir revenir l'examen prénuptial par une matrone ?
Le commentaire d'Elizabeth Badinter soulignait le danger et la probabilité que les jeunes filles musulmanes aillent se faire refaire un hymen à l'hôpital (ces demandes existent déjà et posent un problème d'éthique aux médecins).

Parallèlement à cela, une émission d'Arte de mardi soir, "A l'école du X"  sur l'image de la femme charriée à travers les films X (2 enfants sur 3 auraient déjà vu un film X dès 11 ans) et principalement sur le Web, (image d'objet à "embrocher " sic ). Cette émission est un véritable cri d'alarme par rapport aux conséquences sur les comportements d'ado, et de filles qui font comme dans les films, en pensant que la sexualité c'est cela. Je vous passe les détails, c'est Gérard qui l'a vu, Télérama avait prévenu "accrochez vous";
Il y aurait peut-être, là, matière à réaction de je ne sais quelle juridiction.
Alors, je fais un appel à tout le monde pour que vous déclenchiez les réseaux de protestation que vous connaissez : associations, représentants du peuple, etc...
Il est vital  de réagir.
Comme vous pouvez le constater, je suis indignée voir même révoltée, mais, pour faire bref, je n'ai pas envie que mes petites filles n'aient le choix qu'entre être pute ou soumise.
Merci de m'avoir lue
Monique


 

 

Il ne faut pas piocher notre idéologie à droite

PARIS (AFP) — Ségolène Royal a réaffirmé mardi, après que Bertrand Delanoë eut défendu "le libéralisme", que les socialistes ne devaient pas "aller piocher à la droite son idéologie et son vocabulaire".

"Il n'y a pas besoin d'aller piocher à la droite son idéologie et son vocabulaire. On sait ce que cette idéologie recouvre (...) Le libéralisme a déjà fait des dégâts considérables", a déclaré Mme Royal en recevant la presse dans ses bureaux du Boulevard Raspail à Paris.

"On apprend en même temps que les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs revenus de 54% et que l'on s'apprête à supprimer la prime pour l'emploi pour 2,5 millions de salariés petits et moyens (...) Le capitalisme détruit les hommes et les femmes (...) C'est ça, le libéralisme", a déclaré l'ex-candidate PS à l'élection présidentielle.

Elle a dénoncé dans cette idéologie "des concepts qui sont à la source même des malheurs et des désordres du monde". "Désolée, je ne partage pas cette façon de parler", a-t-elle ajouté, évoquant "un vrai clivage" et récusant qu'il s'agisse de "postures".

Selon Mme Royal, ce "n'est pas exact" de dire que M. Delanoë ne se range pas dans le camp du libéralisme économique. Elle s'est toutefois refusée à une discussion avec les journalistes à partir des propos du maire de Paris.

Tout en exprimant son "respect de ce que dit Bertrand Delanoë", elle a dénoncé "une confusion des valeurs" alors qu'il faut aujourd'hui "une clarification".

Pour la présidente de la région Poitou-Charentes, "l'enjeu majeur, c'est de montrer en quoi le socialisme du 21e siècle est une idée neuve, moderne et efficace".

Samedi, Mme Royal avait déjà estimé que le libéralisme "est le mot de nos adversaires politiques".

Comme on lui faisait remarquer que dans sa campagne présidentielle, elle avait loué "la liberté d'entreprendre" et "le goût du risque", l'ex-candidate a répondu que c'était "parfaitement cohérent" avec sa critique du libéralisme aujourd'hui.

Interrogée pour savoir si elle remettait en cause les privatisations, des mesures d'inspiration libérale, décidées sous le gouvernement Jospin, auquel elle appartenait, Ségolène Royal n'a pas voulu "revenir sur ces questions".

Quant à savoir si la dénonciation du libéralisme économique est compatible avec l'alliance qu'elle prône avec le MoDem, qui se dit "libéral et social", elle a répliqué : "Je vous le dirai. J'aborderai cette question sans tactique et sans tabou".

21/05/2008

3 fondatrices de Rénover maintenant choisissent de soutenir Ségolène Royal

Yvette Roudy, Françoise Ménard et Béatrice Arruga, qui avaient participé à l'issu du Congrès du Mans à la création de Rénover Maintenant, tirent les conséquences du rapprochement d'Arnaud Montebourg avec des courants du parti qu'il avait jusqu'à présent critiqué.

Elles ont publié le communiqué suivant :

 

Un Congrès de Reims fondateur pour la rénovation du Parti Socialiste

Deux évènements majeurs de l'histoire récente du Parti Socialiste ont pesé lourd dans la défaite de la gauche aux élections présidentielles.

Le Congrès du Mans , tout d'abord, qui a donné lieu à une dramaturgie de façade vers une synthèse finale sensée rassembler les socialistes. Cette synthèse , vide de sens et foulée aux pieds par les responsables socialistes, a discrédité le Parti Socialiste dans sa capacité à proposer un projet à nos concitoyens. Puis, ce fut l'organisation de primaires internes à quelques mois seulement du scrutin présidentiel. D'une volonté de mener un débat démocratique exemplaire et transparent, cet exercice s'est transformé en une bataille qui laissa des traces profondes dans les mois qui suivirent au Parti Socialiste.

Malgré un parti socialiste désorganisé, les militants socialistes ont fait une campagne électorale de terrain participative, innovante et enthousiaste. Avec une fierté retrouvée, et malgré la défaite, les militants ont dit merci à Ségolène Royal au soir du deuxième tour. Car, chacun des militants gardait en mémoire le silence volontaire, les coups bas de ceux des socialistes qui n'avaient pas emporté la primaire. Car, chacun des militants gardait en mémoire l'effet dévastateur des attaques menées contre Ségolène Royal par ses challengers socialistes et reprises par Nicolas Sarkozy tout au long de la campagne électorale.

Le 18 mai 2008, « Rénover Maintenant » a décidé de se rapprocher des socialistes qui veulent renouveler cette même stratégie suicidaire. Dans cette volonté de séparer l'orientation politique du Congrès et l'élection présidentielle, ils veulent priver notre parti de la cohérence nécessaire avec le calendrier électoral au nom d'une ambition qui ne dit pas son nom.

Aujourd'hui, le temps de la clarification et de la cohérence est venu pour le Parti socialiste. Le prochain Congrès doit être utile et constituer un temps fort de la refondation de notre parti. Le projet que nous choisirons au Congrès de Reims devra être porté par notre premier secrétaire aux présidentielles de 2012. Parce qu'alors, nous aurons collectivement le temps de construire notre projet. Parce qu'alors, les socialistes arriveront sereins aux présidentielles de 2012.

C'est pourquoi , membres fondateurs de Rénover Maintenant, nous avons décidé de démissionner de notre courant. Nous ne pouvons, aujourd'hui, accepter de cautionner une stratégie de chaos destinée à préserver les postures de quelques-uns . Il en va du respect envers tous celles et ceux qui comptent sur le Parti socialiste pour leur apporter un espoir.

Nous voulons rester fidèles à la rénovation de notre parti pour laquelle nous avons oeuvré toutes ces années. Nous avions fait le choix en 2007 de soutenir Ségolène Royal . Elle a porté nos idées au delà de nos espérances : démocratie participative, réforma institutionnelle, développement durable, pacte social européen. Aujourd'hui, nous faisons le choix de continuer avec elle le travail de rénovation entrepris.

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Yvette Roudy, Vice présidente de Rénover Maintenant et ancienne Ministre
Françoise Mesnard, Vice-présidente de Rénover Maintenant ministre et Vice-Présidente de la région Poitou-Charentes
Béatrice Arruga, Membre de la Direction Nationale de Rénover Maintenant et Vice-Présidente de la région Centre

 

20/05/2008

Point de vue de Romandie

Pour vous changer du ronron médiatique hexagonal, voici un édito paru dans la Tribune de Genève et sur Lausanne FM le 19 mai.

Ségolène et les éléphanteaux

On aime ou non Ségolène Royal, mais il faut bien avouer que l’ancienne candidate à la présidentielle française ne manque pas d’une certaine suite dans les idées. N’avait-on pas maintes fois, comme pour Pascal Sevran, annoncé sa mort : la voilà, toujours, qui resurgit. Et qui vient d’afficher ses ambitions : devenir première secrétaire du PS.

Sur le poste convoité, elle a raison : le seul moyen d’accéder au plus haut niveau, en France, c’est de diriger l’un des grands appareils politiques, à gauche comme à droite. François Mitterrand ravissant à la vieille SFIO, celle des Mollet et des Savary, au congrès d’Epinay, en 1971, le parti socialiste. Jacques Chirac prenant à la hussarde l’UDR aux barons décatis du gaullisme, en 1976, avant d’en faire sa chose, sous le nom de RPR. Nicolas Sarkozy prenant le contrôle de l’UMP, comme tremplin présidentiel.

L’objectif est juste, et Ségolène Royal a d’autant plus raison de le viser qu’elle est, à l’interne, détestée de tous. En politique, c’est un avantage précieux : être haï de ses pairs, avoir face à soi ces éléphanteaux qui ne demandent qu’à vous piétiner, voilà qui permet de les attaquer de front sans états d’âme. En politique, l’ennemi est toujours dans le camp, dans la famille, c’est un peu l’univers de Mauriac, avec ces haines intestines, rentrées, dans la bourgeoisie bordelaise d’avant-guerre.

Nœud de vipères, d’autant que l’un des éléphanteaux n’est autre que son ancien compagnon, père de ses quatre enfants. Visage d’apothicaire, le Monsieur Homais du paysage politique français, mais esprit très vif lorsqu’il s’agit de trouver les armes pour conserver sa boutique. Diable, de Mauriac nous serions passés à Flaubert, mais toujours la puissance de cette Province, ici girondine, là normande, ou encore poitevine pour Ségolène, et là aussi c’est un avantage : cette candidate de 2007, moins bonne que Sarkozy sur le fond, avait sur lui l’avantage de ressembler à la France. Cette fois-là, ça n’avait pas suffi. Mais demain, après-demain ?

Il ne faut pas sous-estimer Ségolène Royal. Contre le cuir et la masse des éléphanteaux qui se ressemblent et peut-être s’annulent, en voilà une qui s’affiche et qui existe. Oh, je ne prétends pas qu’elle ait l’envergure, ni le génie politique, de refaire le coup d’Epinay (en 1971, François Mitterrand était un solitaire, face à l’appareil), mais elle a raison de se lancer dans ce combat. Contre le maire de Paris, je ne suis pas sûr du tout qu’elle parte nécessairement perdante.

Ségolène Royal et Jean-Michel Apathie sur RTL le 19 mai

Ségolène Royal défend sa candidature à la tête du Parti socialiste, vivement critiquée au sein du PS au nom de l'unité du parti.

"Je l'ai fait par transparence, par sincérité, par clarté, par cohérence", a dit la président de Poitou-Charentes en évoquant sa démarche, annoncée vendredi dernier.

"Je pense qu'aujourd'hui le monde a changé et que le Parti socialiste doit changer, que les socialistes doivent changer pour répondre aux nouveaux défis du temps présent", a-t-elle ajouté sur RTL.

L'annonce faite par la présidente de Poitou-Charentes a été mal accueillie par certains dirigeants du PS, qui ont dénoncé le "combats des chefs" au détriment d'un véritable débat sur le fond avant le congrès de novembre prochain à Reims.

"J'ai beaucoup réfléchi avant de dire une chose comme celle-ci. J'ai réfléchi aussi avec ceux qui m'entourent, les équipes. Il y a encore beaucoup de travail à faire, de clarifications politiques à apporter", a ajouté Ségolène Royal.

L'ancienne candidate socialiste à la présidence de la République a jugé que le texte publié récemment par Bertrand Delanoë dans lequel le maire de Paris, son rival potentiel dans la succession, développe sa philosophie politique, relevait d'"une certaine conception de la politique".

Elle a insisté sur le fait que ce texte avait également été signé par l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. "C'est important que cela soit dit, parce que c'est une certaine identité politique qu'on retrouve d'ailleurs dans ce texte".

Elle a noté les "différences" existantes avec ses positions, notamment sur la démocratie participative, critiquée par Bertrand Delanoë.

Source : Reuters

17/05/2008

Ségolène Royal officiellement candidate ...

Vous pourrez voir l'intervention de Ségolène Royal à la Bellevilloise vendredi 16 mai en cliquant sur le lien suivant :

 http://www.dailymotion.com/video/x5g77b_s-royal-ann...

Ségolène Royal officiellement candidate ...

PARIS (AFP) — Ségolène Royal a annoncé vendredi lors d'une réunion publique à Paris qu'elle serait candidate à la direction du PS "si les militants le jugent utile" lors du congrès de Reims au mois de novembre.

Par ce geste, l'ex-candidate à l'Elysée en 2007 tente de couper l'herbe sous le pied du maire de Paris, Bertrand Delanoë, dont la semaine prochaine doit marquer la montée en puissance avec la sortie d'un livre et une réunion de ses soutiens.

"Si les militants partagent les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent (...)", a déclaré la présidente du Poitou-Charentes devant 4 à 500 militants réunis dans le XXe arrondissement, le plus populaire de la capitale, pour "un atelier citoyen".

"Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le parti socialiste, j'accepterai avec joie et determination d'assumer cette belle mission de chef du parti", a ajouté Mme Royal, qui entend "porter une conception du renouveau du socialisme en France et dans le monde".

Au fil des semaines, la candidature de Mme Royal apparaissait comme une évidence. Mais le moment est inattendu, l'élue picto-charentaise ayant réaffirmé il y a quelques jours devant des journalistes que le moment n'était pas venu.

Dans le complexe de La Bellevilloise, un "lieu de vie" avec théâtre et restaurant, l'ex-candidate à l'Elysée a lancé: "Nous savons tous que le PS a besoin d'un leadership".

Alors que bien des médias annoncent un choc entre Bertrand Delanoë et elle-même au congrès de Reims, Mme Royal a assuré qu'il n'y avait "pas de risque d'affrontement ou de guerre des chefs". "Les militants n'en veulent pas et ils n'en auront pas. En ce qui me concerne, le débat sera respectureux", a-t-elle ajouté.

La présidente de région a précisé que, passage obligé pour conquérir le parti, elle ferait "une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion". "Dès la semaine prochaine, nous passons à la rédaction de la contribution" qui devra être déposée au plus tard le 1er juillet, a-t-elle ajouté.

Mme Royal a d'autre part annoncé le soutien, d'ores et déjà, de 25 premiers secrétaires de fédérations départementales, de petite taille en majorité, mais aussi de taille moyenne comme l'Aude, le Var, la Somme ou encore l'Indre-et-Loire.

Selon la présidente du Poitou-Charentes, qui a multiplié les références à François Mitterrand, "le Parti socialiste est bien à la croisée des chemins: celui de la renaissance ou du sur-place".

Régulièrement accusée de vouloir soigner sa popularité en jouant sur son image, Mme Royal s'est défendue de vouloir "flatter les militants". "Je veux les respecter et les convaincre", a-t-elle dit, promettant à nouveau de "parler aux militants comme (elle) parle aux Français". "Il n'y aura pas de faux débats, de postures toutes faites".

Souvent accusée de faire le jeu de François Bayrou, l'ex-candidate a prôné "un parti socialiste qui soit le centre de gravité pour toute la gauche dans le respect de nos partenaires".

Face à "ceux qui déforment ou dénigrent" sa méthode - partir d'un questionnaire aux militants pour proposer un projet politique au congrès -, Mme Royal a affirmé que c'était "le contraire du populisme et de la démagogie", dénonçant un "ordre jupitérien" où on "décide dans la solitude de son bureau".

16/05/2008

Royal avance ses pions, Le Parisien du 15 mai

PS

Royal avance ses pions Eric Hacquemand

jeudi 15 mai 2008 | Le Parisien

(LP/OLIVIER CORSAN.)

(LP/OLIVIER CORSAN.)

APRES L'OFFENSIVE de Bertrand Delanoë, la contre-attaque de Ségolène Royal. Hier, devant une quinzaine de journalistes réunis dans son QG du boulevard Raspail à Paris, l'ex-candidate à la présidentielle a avancé quelques pions en perspective du prochain congrès du PS qui se tiendra du 14 au 16 novembre à Reims (Marne). Sans se déclarer officiellement candidate à la succession de François Hollande au poste de premier secrétaire, la présidente de Poitou-Charentes cache de moins en moins ses intentions : « Je pars dans ce congrès pour être majoritaire, mais sans compromission », s'est-elle ainsi avancée.



A-t-elle vraiment le choix ? Populaire parmi les Français, son grand rival, le maire de Paris, enregistre dans plusieurs sondages parus ces dernières semaines une poussée chez les sympathisants socialistes. Là où justement Royal gardait plusieurs longueurs d'avance. Selon un sondage Ipsos pour « le Point » qui paraît aujourd'hui, Bertrand Delanoë devance l'ex-candidate de plus de 10 points parmi les sympathisants pour diriger le PS (52 % contre 40 %). Prévoyant une lente montée en puissance d'ici au congrès, le maire de Paris publie son livre d'entretiens avec Laurent Joffrin - le directeur de « Libération » - jeudi prochain.

Sans vouloir s'inscrire « en réaction », Royal est donc amenée à abattre quelques cartes. Demain, elle sera l'invitée vedette de l'atelier citoyen de ses amis parisiens, un pur exercice de démocratie participative, sa marque de fabrique. Lancée sur Internet début avril, la consultation des militants autour de 10 questions aurait déjà recueilli 1 500 contributions utiles pour un parti qui, « s'il ne bouge pas, peut disparaître ».

« J'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français »

A ceux qui la soupçonnent de jouer son propre jeu auprès de l'opinion, Royal met les point sur les i : « Je ne laisserai pas dire que je suis en marge du PS. Je serai au coeur de ce congrès. Il n'y a pas d'un côté les propriétaires du parti et de l'autre ceux qui sont en marge. » A partir de la semaine prochaine, Royal commence une tournée des fédérations, à raison d'un déplacement par semaine. Lorraine, Aube, Gironde et Rhône sont déjà au programme. Fin juin, elle publie un ouvrage de dialogue avec le sociologue Alain Touraine. Sept thèmes, allant de « La fin de la vision économique de la société » à « Vivre ensemble, égaux et différents » : ce livre, dont l'universitaire a eu l'idée, est censé mettre fin à l'accusation d'incompétence encore et toujours portée contre Royal.

Mais hier, c'est surtout sur le ton de sa campagne interne que la candidate s'est montrée offensive : « J'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français. » Contrairement à d'autres, adeptes des « vieilles ficelles » pour gagner un congrès, Royal refuse la moindre « compromission ». Une promesse d'« authenticité » qui fait sourire un proche de Bertrand Delanoë : « Et le soutien de Georges Frêche, ce n'est pas une compromission ? »

Atelier citoyen à la Bellevilloise

David Assouline et Dominique Bertinotti

               
Co-Présidents du Pacte Rénovateur et

l'équipe du Pacte Rénovateur

vous convient à un Atelier Citoyen avec

Ségolène Royal

autour des questions de la consultation participative pour un Congres Utile et Serein  :

 

§    De quelle façon faut-il sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir ?

§    Avec quelles nouvelles règles les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme ?

§         Quelles nouvelles règles communes pour parvenir sereinement : à un Parti socialiste qui intègre toutes les nouvelles formes de militantisme, d'engagement citoyen, les réussites du travail des élus locaux et qui décide efficacement, avec le sens de la discipline collective ?

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Vendredi 16 Mai 2008 à 20h00 à  La Bellevilloise
20 rue Boyer - 75020 Paris

Metro Gambetta (ligne 3) sortie Martin Nadaud et Ménilmontant (ligne 2)
Bus 26, 61, 69, 96  - ParkingSaint-Fargeau à proximité

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