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25/07/2007

Comment faire en sorte que tout change pour que rien ne change ou la "charte de la Rénovation" adoptée par le BN

Comment faire en sorte que tout change pour que rien ne change, air connu, compositeur-interprête François Hollande. 

Voilà donc officialisé le calendrier de la "rénovation" du parti. Les militants auront un programme de travail, mais on ne va surtout pas polluer ce programme en cherchant à savoir ce qu'ils en pensent.

Ainsi, nous devrons forumiser sur trois thèmes, sans vote, bien entendu (ça serait malheureux que des voix peut-être discordantes se fassent entendre !).

Le problème, c'est que, de conventions nationales en forums thématiques, ça serait quans même une sacrée malchance qu'on n'ait pas, au cours de ces dernières années, déjà traité de ces sujets avec le succès que l'on sait. 

Cette rénovation que notre premier secrétaire nous propose maintenant est doté d'un moteur diesel, de ceux qui, il y a vingt ans, nécessitaient un préchauffage plus ou moins long (mais vingt ans, c'est à peu près le retard qu'a accumulé notre parti sur le monde tel qu'il va !)

Figurez-vous, le premier forum se tiendra le 24 novembre, au moment où nous mettrons en place la campagne des municipales.

Quel contraste avec ce qui s'est déroulé vendredi dernier, le 20 juillet, à Evry, autour d'Arnaud, Montebourg, de Gaëtan Gorce, de Manuel Valls, avec la participation de représentants Désirs d'Avenir (vous trouverez prochainement sur ce blog le compte-rendu de ce séminaire, mais le post précédent reprenait des coupures de presse sur cet évènement...). Ce groupe a d'ores et déjà prévu de se retrouver en septembre à Tours-... Et puis, en août, il y aura Fouras, Frangy, Melle, que d'occasions de discuter, de réfléchir, de construire !  

Il est temps maintenant que je vous livre la dépêche AFP qui relate le BN d'hier mardi 24 juillet :

RR

Dépêche AFP mardi 24 juillet 21 heures

Le Bureau national du PS a adopté "par consensus" mardi soir une "charte de la rénovation", selon Julien Dray

Le texte détaille le calendrier et la méthode pour fonder "la gauche du 21e siècle" et se donner les moyens d'assurer l'alternance en 2012.
Le vote a eu lieu à l'issue d'une réunion clairsemée, et en dépit d'un certain scepticisme. Seul le député de la Nièvre Gaëtan Gorce s'est démarqué, ne prenant pas part au vote, a ajouté M. Dray.

Nous sommes dans le mouvement (...) Il y a unanimité, ou presque. Les socialistes veulent être au travail ensemble et mettre tout sur la table. Je suis heureux et fier qu'on puisse donner aux militants un programme de travail", a déclaré à la presse le premier secrétaire François Hollande.
Interrogé à la sortie de la réunion, M. Gorce a critiqué un "processus tronqué", jugeant notamment "trop resserrée" l'organisation des forums. "Le changement doit être beaucoup plus radical (...), j'ai l'impression de revivre 2002", a-t-il ajouté.
Le patron de la fédération de Paris, Patrick Bloche, a dit "rester très interrogatif" et "insatisfait", exprimant la crainte "qu'on retarde une clarification très attendue".
Selon Julien Dray, proche de Mme Royal, la large approbation de la charte s'explique par "la volonté de ne pas marquer a priori un esprit négatif" à l'égard des initiatives du premier secrétaire.
Trois forums seront organisés à partir de l'automne, portant sur "les socialistes et la nation" (24 novembre), "les socialistes et le marché" (15 décembre), "les socialistes et l'individu" (20 janvier 2008), indique le texte de la charte remis à la presse.
Ils seront préparés par des débats "au niveau national comme au niveau des fédération", des "rencontres avec des intellectuels, des syndicalistes, le monde associatif et des responsables d'entreprise", ainsi que par l'étude des expériences européennes.
Cependant, il est ressorti de la discussion, de manière "implicite" que ces débats ne seront pas sanctionnés par un vote, selon Julien Dray.
Après la défaite aux législatives, les partisans de Ségolène Royal avaient insisté pour que les militants soient consultés tout au long du processus.

 

23/07/2007

Le monde change, pourquoi pas la gauche ?

En attendant de mettre en ligne un compte-rendu du séminaire organisé le 20 juillet à Evry par Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Gaëtan Gorce, vous trouverez quelques articles relatant cette réunion.

Les quadras du PS veulent « faire tomber les digues »

Une centaine de socialistes réunis à Evry autour de Valls, Montebourg ...

Par Matthieu ECOIFFIER dans Libération du samedi 21 juillet 2007

Le refondation du PS a lieu partout, sauf au siège du PS. Lundi, Ségolène Royal faisait son bilan « dynamique » dans les sous-sols de l’Assemblée nationale. Vendredi, c’était à la Faculté des métiers d’Evry que cela se passait. Le panneau rouge, planté à la sortie de la station RER « Bras de fer » annonce la couleur : « Le monde change, pourquoi pas la gauche ? »

Une centaine de militants et d’élus ont assisté à ce séminaire organisé par un quarteron de quadras socialistes proches de Royal : Gaëtan Gorce, Arnaud Montebourg, Christian Paul et Manuel Valls. Leur objectif est de « créer un mouvement pour faire imploser ce système de courants, de clans et les dérives présidentielles qui minent le PS », clame Manuel Valls, député et maire d’Evry. Et l’ex-communicant de Jospin de préciser qu’il ne s’agit pas d’un « nouveau courant, jeune, sympathique et forcément minoritaire, mais d’imposer des thèmes et des méthodes de travail ».

Ce mouvement se formalisera à l’automne à Tours. Façon de prendre date, face à « l’immobilisme » de la direction du PS.

Pas question pour autant de refaire « le Nouveau parti socialiste, qui a fini broyé au petit matin au Mans [Congrès de la synthèse en 2005, ndlr] », ajoute Arnaud Montebourg, le député de Saône-et-Loire. « Nous avons besoin de nous causer les uns les autres. Nous sommes sortis de cette campagne différents », assure-t-il.

Puisque le premier secrétaire et le bureau national du PS ont refusé de consulter les militants et adopté un calendrier qui reporte le débat à un congrès après les municipales de mars 2008, ces trentenaires et « quadras » ambitionnent de se coaliser pour « faire tomber les di gues de l’extérieur », raconte Christian Paul.

Encore faut-il convaincre au-delà de son cercle de camarades. La plupart des participants sont des royalistes, mais il y a aussi une poignée de proches de Dominique Strauss-Khan. Les fabiusiens pressentis ne sont pas venus. Pas plus que la garde rapprochée de l’ex-candidate à la présidentielle, qui voit d’un mauvais œil cette initiative lui disputer son leadership sur la rénovation. « Il est temps qu’on bosse sur les idées. Strauss-khaniens, fabiusiens, on s’en fout. On doit reconnaître ce que Ségolène à apporté. Mais on est pas dans les questions de leadership, on ne signe pas de chèque en blanc. Voilà pourquoi ceux qui sont dans les jupes de Ségolène, comme Dray et Batho, ne sont pas là », note Fabrice, 28 ans, militant en Gironde.

Ce qui fédère cette nouvelle génération de « rénovateurs » ? « C’est de s’être cognés deux défaites à la présidentielle », ainsi que la peur d’être une « génération perdue », note Christian Paul. Mais aussi de réclamer la tête du premier secrétaire : « Au PS, on se croirait au PCF. Hollande a tout verrouillé », tacle Malek Boutih, proche de Royal et candidat malheureux aux législatives à Angoulême face à une dissidente socialiste « soutenue par Hollande ». Et Boutih d’interpeller Montebourg sur le risque de n’être « qu’ une boîte à idées qui ne seront pas portées par des personnes ». A l’instar de Manuel Valls, qui se verrait bien présidentiable en 2012, ces rénovateurs affichent pour l’heure leur volonté de fondre leur « ambition personnelle » dans « l’ambition collective » de la refondation. Les lionceaux ont déjà les mâchoires solides.


La jeune garde du PS veut tourner la page du congrès d’Epinay

par Philippe Goulliaud publié dans Le Figaro du samedi 21 juillet 2007

Les "quadras-quinquas" socialistes ne se satisfont pas du processus de rénovation présenté par François Hollande.

LES « JEUNES LIONS » du PS contre « l’immobilisme » de François Hollande et de l’appareil socialiste. Hier à Évry, à l’invitation du député maire, Manuel Valls, quelque 70 cadres et militants socialistes se sont réunis pour analyser les causes du double échec du PS, à la présidentielle et aux législatives, et réfléchir ensemble aux moyens d’imposer « une rénovation exigeante et sincère ».

« Le monde change, pourquoi pas la gauche ? » tel était le mot d’ordre de ce séminaire auquel ont notamment participé Arnaud Montebourg, Gaëtan Gorce, Christian Paul, Patrick Bloche, Christophe Caresche, Marisol Touraine, Patricia Adam, Laurent Baumel ou Malek Boutih.

Qu’ils aient été proches de Ségolène Royal ou partisans de Dominique Strauss-Kahn, ces « quadra-quinquas » ont en commun une même envie de « bousculer » le vieux parti d’Épinay, qui traverse « une crise grave et profonde », selon Caresche. Ils ne se satisfont pas du processus de rénovation présenté par Hollande, qu’ils accusent de bloquer la refondation en renvoyant au-delà des municipales de mars 2008 le prochain congrès du PS. Sans que son nom soit généralement cité, le premier secrétaire a été très contesté pour sa gestion du parti et son souci de toujours dégager des « synthèses ». « On a besoin de repérer quels sont les points de clivage pour trancher », a dit Valls. La synthèse ne sert qu’à « remettre la décision à plus tard », a fait valoir Bloche.

« Arrêter le système de clans »

« Nous souffrons d’un problème d’enfermement. L’appareil est trop tourné vers lui-même », a affirmé Montebourg, qui souhaite « la fin du nombrilisme » au PS. « Il faut peut-être tourner la page de l’organisation d’Épinay », a ajouté le député de Saône-et-Loire, en souhaitant que le parti redevienne « une grande organisation politique capable de proposer un projet en accord avec les attentes de la société ». L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a rendu hommage à la présidente de la région Poitou-Charentes « qui a fait faire des pas de géant au projet du PS », notamment sur les institutions et l’autorité républicaine.

Manuel Valls qui fut, avec Gaëtan Gorce et le député de Tours Jean-Patrick Gille, l’un des trois membres du conseil national à voter contre le calendrier de la rénovation, a jugé indispensable d’« arrêter le système de clans, d’écuries présidentielles qui empêche la réflexion ». Même si, en sa qualité de patron de la puissante fédération de Paris, il éprouve « plus de mansuétude à l’égard de François Hollande », Patrick Bloche s’est montré très critique sur les réunions du bureau national dont il sort « déprimé tous les mardis ». « Le bureau national est un lieu très triste, un lieu de posture », a souligné Gérard Le Gall. Le M. Sondages du PS, qui animait un atelier sur les trois échecs successifs de la gauche à la présidentielle, 1995, 2002, 2007, a souhaité que le BN soit limité à une quinzaine de membres pour une plus grande efficacité.

Cette réunion d’Évry est-elle l’embryon d’un nouveau courant du PS dans la perspective du congrès ? Les « jeunes lions » sont décidés à unir leurs efforts. « Ce que nous faisons aujourd’hui pourrait se formaliser », reconnaît Bloche, qui n’écarte pas qu’ils présentent ensemble une contribution ou une motion au congrès. Certains de ces quadras se retrouveront fin août chez Montebourg, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), pour la traditionnelle Fête de la rose. Quelques jours avant l’université d’été de La Rochelle (31 août-2 septembre), dont l’objectif est, aussi, de poser un « diagnostic pour la rénovation ».


Les éléphanteaux se bougent

par D.H. sur le site web TF1 LCI le 20 juillet à 19h55

Les députés Gaëtan Gorce, Arnaud Montebourg et Manuel Valls ont organisé vendredi à Evry un séminaire de réflexion "contre l’immobilisme".

La jeune garde du PS ne veut pas attendre. Plusieurs responsables, dont les députés Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Gaëtan Gorce, soucieux d’en finir avec "l’immobilisme" dont ils accusent le parti, ont entamé vendredi à Evry un cycle de réflexion sur "l’avenir de la gauche". "Il faut beaucoup de courage et ne pas accepter cet immobilisme qui a empêché les vrais débats", a déclaré le député-maire d’Evry Manuel Valls, qui accueillait dans sa ville ce séminaire qui a rassemblé "des responsables, militants, intellectuels venant d’horizons différents, et qui ont envie de participer à cette nécessaire refondation". "On ne peut pas attendre, il faut décloisonner le parti socialiste qui depuis des années n’organise le débat interne qu’à travers ses courants, ses clans, ses chapelles, ses écuries présidentielles", a-t-il ajouté.

"Chaque chose en son temps"

Pour le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, cette journée a démontré qu’il est possible de "dépasser les divisions et les désaccords pour amorcer un débat de fond". Il s’agit selon lui d’un mouvement qui porte "d’abord sur les idées", et qui n’est "instrumentalisé par personne". Manuel Valls, dont le nom est parfois évoqué parmi les candidats éventuels à l’investiture présidentielle pour 2012, a affirmé que cela "n’aurait aucun sens" d’afficher des ambitions personnelles. "Chaque chose en son temps", a-t-il ajouté. "En affirmant ma participation à un mouvement profond de rénovation de la gauche, j’affirme déjà une ambition, chacun peut en tirer les conclusions qu’il souhaite. C’est une ambition collective, c’est une ambition personnelle. Je vais y participer et y prendre toute ma place", a-t-il déclaré, affirmant vouloir "être pleinement acteur".

Ces députés se sont montrés depuis la présidentielle très critiques à l’égard du premier secrétaire François Hollande. Ils ont à plusieurs reprises réclamé son départ à bref délai. Un autre séminaire devrait se tenir au mois de septembre à Tours.

Extrait du JT 20h de TF1 du vendredi 20 juillet 2007

Vidéos LCI :

> Valls : "sortir des clans" (21 secondes)

> Montebourg : "reprendre contact avec les Français" (17 secondes)

> Gorce : "urgent de se demander pourquoi on a perdu" (15 secondes)

 

 

13/07/2007

Montebourg sur RTL : "Ceux qui contrôlent l’appareil ont décidé de figer les choses. (...)

13 juillet

Le député PS de Saône-et-Loire et ex-porte-parole de Ségolène Royal, était l’invité de RTL vendredi 13 juillet au matin.

Jean-Michel Aphatie : Bonjour Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg : Bonjour.

Nicolas Sarkozy a ouvert hier le chantier de la réforme des institutions... Allez-vous participer, à votre place, avec envie et entrain à ce chantier, Arnaud Montebourg.

Forcément. D’abord, parce que c’est l’avenir du pays, que le fonctionnement du système démocratique est quand même très affecté par un grand nombre de dysfonctionnements, d’échecs. Et j’ai trouvé hier le discours d’Epinal du président de la république assez conservateur finalement. Car il transformait finalement la Vème république en objet de culte. Et pourtant, les déconvenues que tous les présidents de la république, depuis le Général de Gaulle à Mai 68, jusqu’à Jacques Chirac avec son ensevelissement dans les affaires, ont produit l’isolement et l’enfermement des dirigeants par rapport au pays.

Donc, c’est un système politique qui, aujourd’hui, a besoin d’être reconstruit.

Quand Nicolas Sarkozy dit : "Je veux un président qui gouverne", il a l’air de rencontrer l’assentiment des Français ? Ils ont l’air satisfaits de ce début de quinquennat ?

Les Français jugeront de l’efficacité d’un système politique qui vise à concentrer encore plus de pouvoir et finalement à capter une partie des prérogatives qui, aujourd’hui, dans la constitution, sont entre les mains du Premier ministre. C’est à dire finalement de diminuer les pouvoirs de son Premier ministre qui sont, pourtant fixés clairement dans le texte constitutionnel pour les capter à son profit.

Dans cette dérive là, nous avons besoin de contre-pouvoirs importants, renforcés et de plus en plus forts.

Donc, revaloriser le rôle du Parlement ?

Il n’y a pas que le Parlement.. .Il y a aussi la justice, il y a aussi l’opposition. Il y a aussi les collectivités locales. Il y a aussi les média. Le système médiatique qui, aujourd’hui, dans une démocratie d’opinion, joue le rôle de contre-pouvoir.

Mais qui ne sont pas dans le champ des institutions.

Mais qui devraient l’être. Comme tel est le cas dans de nombreux pays européens.

Nicolas Sarkozy a annoncé la création d’un comité qui sera présidé par Edouard Balladur, pour lui faire des propositions en matière de réformes institutionnelles. Souhaitez-vous, pensez-vous que Jack Lang puisse y trouver sa place ou pas ?

Moi, je dirai à Jack Lang, que si j’étais lui, je reviendrai devant le groupe socialiste des députés, le parti socialiste. Je dirai : "voilà la proposition qui m’est faite. Je la mets sur la table. Construisons ensemble les lignes de contre-propositions car nous avons beaucoup de choses à contre-proposer dans ce grand chantier qui s’ouvre. Et défendons la ligne audacieuse de l’avancée vers la VIème république. C’est à dire une république transformée en profondeur, qui ne perde pas l’acquis de la Vème république en terme de stabilité. Nous avons besoin de cela. Nous avons besoin aussi d’un pouvoir fort ce qui n’est pas incompatible avec un système politique qui discute et qui délibère vraiment. C’est à dire qu’il peut être à la fois fort et démocratique.

Vous m’avez dit votre souhait, Arnaud Montebourg. Mais soyons concrets et précis. Jack Lang va décider tout seul s’il va aller ou pas dans ce comité. Qu’est-ce que vous lui conseillez ? D’y aller ou de ne pas y aller ?

Je lui conseille de venir vers nous.

Non, mais il ne le fera pas. Donc, d’accord.

Vous n’en savez rien.

Ben, si !

Vous n’en savez rien. Et de coaliser l’ensemble des idées que nous défendons ensemble et de les défendre dans cette commission. Et s’il n’y parvient pas, et bien de la quitter ou en tout cas de le faire savoir. C’est mon conseil d’ami vis à vis d’un camarade éminent comme Jack Lang.

C’est votre conseil. Nicolas Sarkozy a dit hier à Epinal, je veux témoigner mon respect à Jack Lang, parce que son parti, dit-il, ne le fait pas. Il a raison Nicolas Sarkozy de dire à Jack Lang que finalement son parti le traite mal ?

D’abord, Nicolas Sarkozy devrait témoigner son respect à l’égard de quiconque participe à la discussion publique dans le système institutionnel. Ce n’est pas parce qu’il croit que son parti le traite mal... - d’abord, je ne suis pas d’accord - Je pense qu’on a des règles collectives. A l’UMP, il y a aussi de règles du jeu collectives. Donc, qui s’en affranchit, reçoit quelques avertissements ou admonestations. Cela n’est pas bien grave. En revanche, je pense que lorsque Jack Lang sera dans cette commission, il s’exprimera à titre personnel, s’il ne veut pas... Et moi, je pense que nous pouvons nous exprimer collectivement. Et c’est ce que nous ferons. Pourquoi ? Parce que les électeurs nous ont placé, nous ont donné une force particulière après les élections législatives. Il nous ont donné la possibilité de contrôler toute réforme institutionnelle. Puisque sans nous, le pouvoir actuel ne dispose pas des 3/5ème, c’est à dire de la majorité qualifiée au congrès. Donc, il va falloir que nous réformions la constitution, non pas sur un coin de table avec quelques personnalités embauchées pour la circonstance dans un comité, mais en négociant de force à force pour reconstruire le compromis politique.

Par exemple, le mandat unique pour les parlementaires. Par exemple le vote des étrangers aux élections locales. Par exemple, les commissions d’enquête parlementaires libres. Par exemple le contrôle sur les forces armées, la construction européenne. L’argent public. Tout cela a été laissé à l’abandon dans le système politique actuel. Nous avons besoin de remettre tout ça sur la table. Ce n’est pas ce qu’a proposé Nicolas Sarkozy dans son discours d’Epinal, qui a dit : "Finalement, ne changeons pas grand chose". Et les propositions de réformes étaient anecdotiques hier.

Jack Lang qui était là à votre place, hier, a dit après tous ces épisodes sur sa participation ou non à ce comité, il a dit : "ce qui serait bien, ce serait que la direction du parti socialiste démissionne. Qu’il y ait une démission collective". Cette demande, vous la soutenez Arnaud Montebourg ?

Vous savez, j’ai été un rénovateur depuis que je suis engagé à ce niveau là de l’action publique et politique à l’intérieur du parti socialiste. Je fais partie de ceux qui sont les plus critiques à l’égard de l’immobilisme du système politique du parti socialiste.

Et de l’immobilisme actuel ?

Actuel et passé.

Non, mais actuel, actuel. Immobilisme ?

Je le pense.

Donc, une démission collective serait-elle souhaitable ?

Nous payons la facture de cet immobilisme. Le fait que le Parti socialiste n’ait pas suffisamment bougé dans les années précédentes et encore aujourd’hui, cela se paye politiquement. En terme d’absence de succès électoraux, en terme de désertion d’un certain nombre de talents.

Démission collective ou pas ?

Maintenant, la démission collective, ça dépend, j’ai envie de le dire, de ceux qui contrôlent l’appareil. Or, ceux qui contrôlent l’appareil ont décidé de figer les choses. C’est leur choix et d’ailleurs Jack Lang, il y a encore quelques jours, soutenait cette solution et cette stratégie là. Donc, relativisons les choses et cherchons à muter dans le Parti socialiste nous-mêmes, sans heurts et sans querelles inutiles.

C’est une forme d’immobilisme de ne pas avoir produit d’auto-critique de défaite à l’élection présidentielle ? Par exemple, Ségolène Royal est-elle immobile sur ce sujet ?

C’est une forme d’auto-critique que déjà n’avoir pas accepté et assumé de faire l’inventaire des années Jospin.

Oui, mais ce n’est pas ma question.

Oui, mais je commence là, parce que ma réponse d’aujourd’hui est en rapport avec la précédente. Cela fait des années qu’on se met en quelque sorte la tête dans le sable.

Bon, ça fait des années que rien ne bouge au Parti socialiste. Il n’y a pas de raisons que ça change alors ?

Si. Il est nécessaire d’y mettre beaucoup d’énergie et il faudra en effet faire la critique de ce qui s’est passé il y a quelques semaines.

Arnaud Montebourg, membre d’un parti immobile, était l’invité de RTL ce matin.

Disponible en ligne à l'adresse http://www.renover-maintenant.org/article.php3?id_article=870

 


> Source : le site web de RTL

10/07/2007

Arnaud Montebourg dans Libération du 10 juillet

"La priorité, c’est la transformation de la donne politique à gauche"

10 juillet

Ex-porte-parole de Ségolène Royal, député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg commente les effets de l’ouverture, livre son diagnostic sur la défaite et l’état du PS et ses pistes pour la rénovation de son parti et de la pratique institutionnelle.

Pourquoi le PS a-t-il autant de mal à résister à l’ouverture de Nicolas Sarkozy ?

C’est le symptôme d’un parti qui a excessivement cultivé le goût de l’intérêt plutôt que l’amour des convictions. Mais c’est aussi la preuve de la faiblesse structurelle du pouvoir sarkozien. Organiserait il un mercato généralisé des compétences et des talents s’il était sûr que ses propres forces suffisent à lui assurer le soutien durable de l’opinion publique ?

Le cas de Dominique Strauss-Kahn, soutenu par la présidence pour la direction du FMI, est gênant pour le PS.

C’est un choix personnel. S’il préfère se soustraire à l’effort qu’il nous faudra tous faire pour recréer une offre politique digne de ce nom à gauche, c’est l’expression de sa préférence, qui le prive malheureusement d’action collective et future.

Et Jack Lang ?

Jack Lang aurait dû demander un mandat au groupe socialiste. Dès lors qu’il n’a pas choisi de le faire avec nous, il reprend sa liberté. Et nous conservons la nôtre. Il devrait savoir qu’on ne peut faire une réforme institutionnelle sur un coin de table, avec quelques personnalités débauchées pour la circonstance.

Le parti n’est-il pas plus mal en point que jamais ?

La décomposition d’un système bâti il y a trente ans est une évidence. Il faut revenir sur les raisons de la défaite, d’abord liée au retard stratégique accumulé par le parti depuis une dizaine d’années, à l’incapacité d’écouter la société, de traiter les problèmes et de les affronter. L’immobilisme est devenu une loi de gestion politique au PS, qui préfère l’esquive plutôt que le traitement des questions. Il y a aussi un deuxième retard, qui est organisationnel : notre parti a continué à vivre sur un système à fracturations multiples de chapelles, de courants et d’écuries. Il a cultivé la division plutôt qu’organisé la recherche des convergences. Ces deux facteurs ont participé à l’échec de notre campagne.

Exonérez-vous totalement la candidate de la défaite ?

Les responsabilités sont partagées. En positif, elle a ouvert des portes, déverrouillé un grand nombre de sujets pour l’avenir. En négatif, elle n’a pas su ou pu rassembler et faire travailler les forces disponibles. Où en êtes-vous de votre soutien à Ségolène Royal ? Je suis un loyal serviteur des causes que je défends. Cependant, les urgences, aujourd’hui, ne sont pas posées en termes de leadership. La priorité, c’est la transformation de la donne politique à gauche, et ce travail prendra un peu de temps.

De ce point de vue, le calendrier proposé par François Hollande devrait vous satisfaire ?

Je ne l’ai pas approuvé, et m’y suis à grand-peine résigné.

Les socialistes ne semblent pas tout à fait d’accord sur ce que sera leur opposition. La rénovation peut-elle venir du Parlement ?

Il n’est pas dit que tout serait tombé dans un bocal de formol. La création d’un contre-gouvernement au groupe socialiste conforte notre image de parti de gouvernement, préparant l’alternance. J’ai d’ailleurs invité à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse plusieurs membres du contre-gouvernement, de toutes sensibilités et trajectoires. C’est une manière d’ouvrir les portes des vieilles chapelles socialistes. On ne peut donc pas dire que tout soit immobile.

La pratique du pouvoir de Nicolas Sarkozy ne rend-elle pas difficile la tâche de l’opposition ?

La dérive institutionnelle dans laquelle le pays est engagé est organisée sans mandat du peuple, seul souverain en la matière. Quand les arbitrages budgétaires ne se font plus à Matignon, quand les conseillers de l’Elysée chaperonnent les ministres sans pouvoirs et quand le gouvernement est transformé en attaché parlementaire du président, ce sont les principes de la responsabilité, fondamentaux en démocratie, qui sont touchés. Ceux qui décident doivent rendre des comptes. Or, c’est de moins en moins le cas. Nous devons réagir et exiger du Président de très importants rééquilibrages qui ne soient pas de façade. On ne pourra pas se contenterde la présidence de la commission des finances.

propos recueillis par David Revault d’Allones

Entretien publié dans Libération du mardi 10 juillet 2007

09/07/2007

Ségolène Royal sur 7 à 7 TF1

Voir l'interview par Thierry Demaizière
7 à 8 - TF1

06/07/2007

Première réunion de travail autour de Ségolène Royal

Ségolène Royal présente son calendrier d’actions.
 
"Je tiendrai une première réunion de travail, de debriefing" sur la présidentielle, où seront conviés "des parlementaires, des maires, des premiers fédéraux, des experts et intervenants extérieurs", le 16 juillet à l'Assemblée nationale déclare Ségolène Royal.

Elle précise qu’il y aura "au total une centaine de personnes".

Ségolène Royal annonce également qu'elle fera sa rentrée politique le 25 août, soit une semaine avant l'université d'été du PS à La Rochelle, lors de la "fête de la rose" de Melle.

Interrogée sur son silence ces deux dernières semaines, la présidente de la région Poitou-Charentes explique qu'elle "met en place ses équipes" et travaille "à son rythme", "à l'abri des médias", entre Paris et sa région.

05/07/2007

"Rien ne peut plus être comme avant !"

 

Les Français n’ont pas voulu que la gauche disparaisse. Lors du second tour des élections législatives, ils ont été des millions à nous donner encore une chance. Ce sursaut ne peut toutefois en rien dissimuler l’ampleur de la tâche exigée de notre parti. Son potentiel est immense, ses adhérents plus nombreux que jamais et pourtant, l’immobilisme demeure la tentation dominante. Riche de multiples talents, de plusieurs générations de militants et d’élus, le Parti du mouvement ne doit pas devenir aujourd’hui une machine à broyer les énergies neuves, comme l’issue du dernier Conseil national, plus que décevant, peut le laisser craindre. Pour combattre les idées claires de la droite dure, le PS ne saurait se contenter d’idées floues, de vieilles recettes. Pour mener une opposition combative, l’emporter aux élections locales en 2008 et 2010 et gagner en 2012, notre Parti n’a d’autres choix que d’engager une transformation profonde, une rénovation exigeante et sincère.

Disons le tout net : le processus proposé par la direction n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Il constitue la réplique pure et simple de la méthode déjà proposée en 2002. Comment dans ces conditions empêcher que 2012 ne connaisse les mêmes funestes résultats que 2007 ? C’est d’un changement beaucoup plus radical et beaucoup plus profond que nous avons besoin ! Et si cette exigence a été différée, elle finira par s’imposer. La condition en est simple : que toutes celles et tous ceux qui en ont assez des querelles de personnes, des luttes de clans et des ambitions présidentielles se rassemblent, non pour fonder un énième courant ou une énième sensibilité, mais pour ouvrir un dialogue franc, approfondi, sans tabou ni a priori, sur les causes de nos défaites et sur les moyens d’y répondre ; que toutes celles et tous ceux qui veulent d’abord répondre à la crise des idées, rebâtir un projet, réinventer un parti et une gauche modernes, oublient leurs différends, tirent partie de leurs désaccords, inventent un nouvel espace politique...

Venant d’horizons différents, assumant nos itinéraires, mais soucieux de leur confrontation créative, nous prenons nos responsabilités en décidant de travailler ensemble. A la différence de ceux qui s’expriment en fonction d’intérêts trop visibles ou d’ambitions trop prévisibles, nous annonçons aujourd’hui notre volonté d’entamer au service de la Gauche et du Parti socialiste, sans leader ni présupposés, un véritable travail de rénovation, sans lequel l’avenir du Parti socialiste serait déjà écrit. Nous invitons celles et ceux sui se reconnaissent dans cette démarche à un premier rendez-vous, le vendredi 20 juillet 2007 à Evry.

Signataires : Patricia Adam, Patrick Bloche, Christophe Caresche, Guillaume Garot, Louis Gautier, Jean-Patrick Gille, Gaëtan Gorce, Christophe Masse, Arnaud Montebourg, Pierre-Alain Muet, Christian Paul, Gilbert Roger, Marisol Touraine, Manuel Valls, Philippe Vuilque.

Des élus socialistes se lancent sans attendre dans la rénovation du parti

Des élus socialistes, dont plusieurs partisans de Ségolène Royal, ont décidé de se lancer sans attendre dans la rénovation du parti, estimant que le processus proposé par la direction "n’est pas à la hauteur de l’enjeu". "Le Parti du mouvement ne doit pas devenir aujourd’hui une machine à broyer les énergies neuves, comme l’issue du dernier Conseil national, plus que décevant, peut le laisser craindre", écrivent dans un communiqué plusieurs élus du parti, dont les députés Gaëtan Gorce, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Christian Paul, Patrick Bloche, Patricia Adam, Christophe Caresche, le maire de Bondy Gilbert Roger...

"Pour combattre les idées claires de la droite dure, le PS ne saurait se contenter d’idées floues, de vieilles recettes", ajoutent-ils, refusant "la tentation dominante" de l’immobilisme et défendant "une transformation profonde" du parti.

Pour eux, "le processus proposé par la direction n’est pas à la hauteur de l’enjeu" : "réplique pure et simple de la méthode déjà proposée en 2002", il risque d’amener aux "mêmes funestes résultats" en 2012 qu’en 2007. "C’est d’un changement beaucoup plus radical et beaucoup plus profond que nous avons besoin", affirment-ils. Pour ce faire, il faut que "tous ceux qui en ont assez des querelles de personnes, des luttes de clans et des ambitions présidentielles se rassemblent, non pour fonder un énième courant ou une énième sensibilité mais pour ouvrir un dialogue franc, approfondi, sans tabou ni a priori, sur les causes de nos défaites et sur les moyens d’y répondre".

"Il faut changer de méthode pour changer le fond", a précisé à l’AFP Gaëtan Gorce, qui craint que le parti n’organise qu’un débat "personnalisé et instrumentalisé par les luttes de clans". Et si la direction du parti ne lui "inspire pas confiance", il affirme qu’il ne s’agit en rien d’un procès de personne contre François Hollande, à qui il reproche d’être "la clef de voûte d’un système" qui n’a pas de capacité à "changer rapidement". Les signataires ont donc décidé d’entamer dès maintenant "un véritable travail de rénovation" et invitent à un premier débat le 20 juillet à Evry (Essonne).

Dépêche AFP, 4 juillet 2004

03/07/2007

Le PS est-il incurable ?

Ce point de vue a été lu sur le site de Rénover Maintenant...

Résumons la situation .... François, solidement encadré de ses plus fidèles et loyaux lieutenants Laurent et Dominique, reste aux commandes, Jean-Marc est brillament réélu (pour la troisième fois !) président du groupe PS à l’Assemblée Nationale, le calendrier de renouvellement de la direction est respecté, le futur candidat à la présidentielle est désigné en 2010 (deux ans avant l’échéance) et la rénovation idéologique du parti est engagée dans le cadre de conventions thématiques soigneusement préparées (autrement dit encadrées) par l’appareil.

En clair, et pour les mal comprenants, circulez, il n’y a rien à voir, il ne s’est rien passé en 2007. ELLE a perdu la présidentielle, le PS et son premier secrétaire ont gagné les législatives et rien ne justifie une quelconque précipitation !

Et si en plus, on peut se débarrasser de ces maudits adhérents à 20 euros qui ne comprennent rien à la politique, tant mieux. Il faut dire que ces sympathisants et militants commencent vraiment à être fatiguants. Non seulement, ignares et incultes qu’ils sont, ils ont osé voter massivement contre le traité constitutionnel, non seulement ils ont choisi la pire des candidates pour les présidentielles, mais encore ils voudraient que le PS et la gauche toute entière se « refondent ». Quelle arrogance ! Pour quelles raisons objectives ? Parce qu’elle vient de perdre pour la troisème fois l’élection présidentielle ? Parce qu’elle sort de cette confrontation idélogique laminée avec un PC moribond, des Verts pulvérisés, une extrême gauche dispersée ? Vous n’y pensez pas chers amis, n’oubliez pas (dans l’ordre) les municipales, les cantonales, les européennes, les régionales... et j’allais oublier les sénatoriales ! C’est bien le diable si avec ce Sarkozy bien décidé à faire quelque chose, lui , nous n’arrivons pas à en gagner au moins une de ces fichues élections ! Rappelez vous les élections européennes précédentes, brillament remportées par notre premier secrétaire combatif, rappelez vous cette éclatante victoire des régionales où dans des terres toujours fortement ancrées à gauche comme la Lorraine, les Pays de Loire ou l’Auvergne, la gauche triomphante a su gagner le coeur de millions d’électeurs enthousiastes (quoi Raffarin ? Mais non il n’y est pour rien ). Dormez tranquilles et soyez sans crainte, tout va bien.

Ce serait presque risible si les enjeux n’étaient pas aussi forts pour nos concitoyens. Car le premier constat qu’il faut tirer de cette longue période électorale est bien celle d’une vraie révolution. Révolution dans la pratique du pouvoir. La référence à Bonaparte, complaisament reprise dans la presse aux ordres, ou pour le moins sous le charme, résume à elle seule le virage pris par Nicolas Sarkozy. Et celles et ceux dont la culture historique ne s’arrête pas à la coupe du monde de foot de 1998 se souviendront certainement que c’est à la suite de luttes personnelles incessantes pour le pouvoir que la France s’est jetée dans les bras d’un petit général inconnu et ambitieux qui conduisit le pays et l’Europe vers une des périodes les plus sombres et les plus sanglantes de son histoire. Concentration de l’autorité entre les mains d’un seul homme, contrôle de la presse et des rouages essentiels du pouvoir (armée, police, justice), dépassement apparent systématique des clivages traditionnels gauche/droite, débauchage soigneusement orchestré de personnalités dites de gauche au nom d’une oeuvre de salut public, personnalisation systématique de l’action politique...tout est réuni pour marquer un changement de régime profond, pour l’instant validé par la population. Nicolas Sarkozy nous donne chaque jour des leçons de tactique politique. Du bel ouvrage ! Et pendant ce temps là, le PS s’organise pour sauver le soldat Hollande et les quelques éléphants qui, seuls avec quelques irréductibles affidés, croient encore en leur destin national ! .Quelle hauteur de vue ! Quelle belle et forte vision pour la France ! Imaginez ce que diront dans quelques années les archélogues de la politique française qui découvriront dans le permafrost sarkozyen les dépouilles intactes de ces mamouths post mitterrandiens : tous heureux et fossilisés intacts, englués dans leurs certitudes, incapables d’avoir à temps perçu les raisons de leur inadaptation aux changements économiques et sociaux de leur époque.

Rendons à César ce qui est à César. C’est Dominique Strauss Khan qui le premier a plaidé pour un changement de logiciel au PS. Reconnaissons qu’il avait raison. Mais pourquoi diable est-il aujourd’hui si timoré ? Pourquoi n’applaudit-il pas Ségolène qui dénonce l’archaïsme de la pensée socialiste en brocardant le SMIC à 1500 euros et la généralisation des 35 heures ? En quoi est-ce choquant de dire que le problème des bas salaires ne se résume pas à un combat entre 1200 euros versus Sarkozy et 1500 euros versus Hollande, alors que la question fondamentale est la répartition des fruits de la croissance entre le capital et le travail ?

Rassurez vous chers camarades, vous allez vous en débarrasser facilement des adhérents à 20 euros !. Au train ou vont les choses, combien resteront dans ce parti sclérosé, incapable de raisonner autrement qu’en courant, sous courant et candidat à la candidature (pas la peine de préciser laquelle d’ailleurs car cela vaut pour toutes les candidatures, qu’elles soient locales ou nationales) ?

Oui un sursaut est urgent et nécessaire. Urgent car nous n’avons pas trop de cinq ans pour refonder d’abord le corpus idéologique d’une gauche à la dérive, incapable de s’entendre sur un projet de société alternatif à celui de Nicolas Sarkozy. Nécessaire car le risque de voir apparaître un nouveau clivage politique inédit en France est grand, entre une gauche abonnée aux victoires électorales dans les élections locales et une droite décomplexée seule reconnue pour diriger les affaires nationales.

Mais il faut bien également affirmer que ce profond changement attendu par tant de français passera également par un changement de têtes. La question du leadership et du renouvellement de la génération issue d’Epinay doit-être posée, non seulement à la tête du parti et dans ses instances dirigeantes mais à tous les échelons. Ce nouveau message ne saurait en effet être porté par ceux là même qui en niaient la nécessité il y à quelques semaines encore. Ce renouvellement passe naturellement par une réforme en profondeur des statuts du parti. Allons nous rester le seul parti fonctionnant sur le mode du centralisme démocratique ?

Pour que le PS ne soit plus une machine à perdre, chacun doit à son niveau agir vite et exiger le lancement d’une rénovation en profondeur avec toutes les composantes de la gauche.

par Dominique Chereau

Cette tribune en forme de "coup de gueule" a été écrite par un haut fonctionnaire tenu au devoir de réserve.

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